Vendredi 4 juillet 2008

Sol, lit d’aridité ,

Sec et froid à pleurer,

Au cœur de l’absurdité,

Le mépris est bien niché.

 

Seule et apeurée,

Recroquevillée,

Mon âme a pansé

Ses plais entrebâillées.

 

Support d’avidité,

Porte feuilles séchées,

Coffre fort mité,

Epris d’exister.

 

Etouffer l’altérité,

Sans un remord,

Plonger dans sa vérité,

Pour un record,

 

Triste société,

Où nul ne s’en sort,

Agite la liberté,

Ton illusoire trésor.

 

Fredonne l’air aimé,

Ton ultime sort.

Actionne la main armée,

Des rêves d’essors.

 

Si tu peux liberté,

Doigt de la mort,

Un peu te relever,

Qu’ils te croient encore.

 

Offrir, pour les efforts

De cette vie répétée,

Encore et encore,

Un avenir incarné.

 

Si tu pouvais mon amie

Ne serait-ce qu’un instant

Faire espérer en la vie

Et ce qu’elle a de plaisant

 

Enlevé à la nuit

L’inquiétant

Et redonner vie

Au passants

 

Sauce idéalisée par l’esprit

Née de l’inconstant

Donne un peu de goût à la vie

Et ses perles défilant

 

Le chapelet vit

La main tenue par le temps

Fait glisser les billes

Sur le filin tendu les reliant

 

Elles sont passées

Pour que naissent le présent

Les causalités

D’un univers s’enchaînant

 

Libères tes doigts de la mort

Pour t’éterniser

Croise les encore et encore

Pour exister.

 

Allover 2008

par Allover
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Samedi 31 mai 2008

Quand Clio s’endort aux berceuses d’Uranie,

Que Calliope conte ses essors portées par Polymnie,

Que reste-il des grands hommes, sous l’infini,

Alors que Melpomène chantonne leur tragédie.

 

Quand Thalie jongle avec les masques de la comédie,

Et que s’éteignent les artistes avant la fin de la nuit,

Que reste-il sous le dôme des vues de l’esprit,

Pour que les remords s’acquittent de l’envie.

 

Quand Terpsichore balance son corps, sans un bruit,

Qu’Euterpe décore de silence ses mélodies,

Que reste-il des fantômes de la mythologie,

Des forums où s’élevaient les belles élégies.

 

Quand Erato n’a plus sa lyre, ne joue que par dépit,

Les échos de la vertu, reniant la philosophie,

Que reste-il de ceux qui conquirent par leur génie,

Les monts de l’imprévus, en images et poésies.

 

Allover 2008

par Allover
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Dimanche 25 mai 2008

Aux premières lueurs de l’aube des amoureux,

Nous gravissons lentement la pente.

Nos trois frêles cœurs tambourinent anxieux,

Malgré les frissons tu es souriante.

 

Mon amour, ma femme,

Ce jour comme tu as souffert,

Ton courage sans larme,

Pour toujours, me fait père.

 

Mon regard porte la crainte et l’espérance,

La valise et le sac ne pèsent rien.

Nous voilà dans l’enceinte de sa naissance,

Je maîtrise mes émois et te soutiens.

 

Mon amour, ma flamme,

Mon secours en enfer

N’est pas lourd et acclame

La mise au jour de notre chair.

 

Les machines ont tissé leur toile,

Les courbes tracent ta rythmique,

Tu es sublime, mon aimée, mon étoile,

Dans les fils et leur trame électrique,

 

Mon amour, ma femme,

Futile face à ta douleur,

Le velours de mon âme

Ne ventile hélas que de l’air.

 

Je n’ai pas vu passer ces longues heures,

Où pour te soulager, je voulais souffrir,

Où j’ai pourchassé tes sombres humeurs,

Partagé les mots pour te faire sourire.

 

Mon amour, ma flamme,

Inutile avec mes terreurs,

Un souffle de drames

M’obnubile à l’intérieur.

 

Signes et visions, naissant de ce lien

Qui nous a mené dans ce lieu hors du temps,

Tissent des prémonitions de chagrins

Que je chasse pour laisser place au printemps.

 

Mon amour, ma femme,

J’ai suspendu mon cœur

A l’électrocardiogramme

Et j’ai su ce qu’est la peur.

 

A la délivrance du message de notre vie,

Quand notre fils ouvrit les yeux sur le monde,

Souffrances et nuages se sont évanouis,

Une larme glisse, tu souris au fruit de notre ronde.

 

Mon amour, ma flamme,

Toi qui est ma lueur,

Mon amour, ma femme,

Qui fait mon bonheur,

Nos jours s’amalgament

Et deviennent ternaires,

Les contours de nos âmes

Embrassent l’univers.

 

Allover 2008

par Allover
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Samedi 17 mai 2008

Les anges ne pleurent pas,

Ils font des perles de rosée,

Qui se mélangent aux cœurs froids

Pour qu’y germe la beauté.

 

Les anges ne meurent pas,

Ils se fondent aux cieux étoilés,

Y langent leur désarroi

Et renaissent les yeux éclairés.

 

Si les anges sont tristes parfois,

Ils sanglotent de brèves mélopées,

Sur l’étrange piste de l’émoi

pour voir les rêves s’y abreuver.

 

Mais les anges sont comme toi,

Fait de larmes et de sourires gênés

Qui s’arrangent pour que la joie

S’exclame et délivre ses rires légers.

 

Mais les anges sont comme ça,

Entre grisaille et jours ensoleillés,

Ils échangent leurs embarras

Pour les semailles de la gaieté.

 

Les anges ne pleurent pas,

Ils font des perles de rosée,

En louange à ce constat :

Nos secondes sont rareté.

 

Allover 2008

par Allover
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Samedi 17 mai 2008

Ils voudraient nous faire croire que la grève c’est dépassé,

Que pour changer l’histoire, il suffit de voter,

Leur donner le pouvoir et les laisser ronger

Nos espoirs et nos libertés

 

Ils ont cité Jaurès pour enterrer Zola,

Bâillonné la presse, manipulé leur voix.

Leur triste messe, pour limiter le droit,

Ne sent que l’ivresse de l’argent roi.

 

Sous les beaux gants de velours molletonnés,

Sens-tu bouger leurs griffes acérés ?

Les loups sont souvent déguisés en bergers,

Et les moutons choisissent leur boucher.

 

Ils disent que l’humanité est sans foi ni loi,

Qu’il faut cesser de lever le doigt,

Qu’il faut se réaliser contre soi :

S’entretuer par choix.

 

Ils voudraient ne nous laisser voir que la fatalité

D’un monde qui ne peut que se dégrader.

Ils nous culpabilisent pour mieux nous étriper,

Qu’on succombe aux lois de la voracité.

 

Ils ont cité Jaurès pour enterrer Zola,

Misé sur la détresse pour faire leur gras.

Ils jouent de la vitesse pour tuer le débat,

Louent la bassesse du chacun pour soi.

 

Ils scandent que féodale sera la modernité,

Que le mal est dans la solidarité,

Prétendent que le social c’est démodé,

Que pour le moral, il faut saigner.

 

Ils ont réveillé Jaurès et aussi Zola,

Voici que se tressent les bras.

L’activité qui cesse est contre poids

A la détresse de ceux d’en bas.

 

Ils ont réveillé Jaurès et aussi Zola,

Les pas se pressent sous les portes voix,

Puisque les promesses de l’argent roi

Font la détresse, qui les emportera.

 

Allover 2008

par Allover
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