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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 01:50

Six ifs poussaient sur un rocher posé sous la course du soleil.

Oisifs, ils végétaient, lassés de chercher la source du ciel.

Plaintif, le premier if défaille et son écorce pleure du miel.

Des six ifs, il était le plus enclin à la romance et au sommeil.

 

Le second if, craignait la taille, et mêlait aux étoiles ses branches.

Gérondif déployé en feu de paille, sous les activités de l’existence,

Compulsif, il cherchait dans ses entrailles la réalité de sa chance.

Dépressif, il ne trouvait que la faille du premier et ses avalanches.

 

Le troisième if, révolté de sa position insipide et intermédiaire,

Faisait sa manif, signait des pétitions pour de lénitifs orages.

Arbre actif et engagé, sa mission fît suite à la mort de sa mère.

C’était Maman if, desséchée en une saison de fictifs nuages.

 

Le quatrième if, tacheté de fruit nocifs, était la sœur if, très coquette.

Elle aime le laudatif et les gâteaux qu’elle vole au vent des comètes.

Ses pendentifs, joyaux rouges vifs, lui donnaient une humeur de fête,

Et les astres admiratifs, de là haut, l’illuminait de lueurs guillerettes.

 

Le cinquième if  était le moins expérimenté, âgé d’à peine cent ans.

Jeune, émotif et impulsif, rien n’arrêtait sa volonté d’être puissant.

Instinctif, pour un rien et sans motif, il s’emportait au moindre vent.

Il voulait être massif et aérien, et arrêter de ses branchages le temps.

 

Les sixième if, contemplatif du haut de ses huit siècles, murmure

Son récit d’if contant le furtif court de sa vie et sa piètre allure.

D’hâtif, naguère, il est devenu lourd et lascif, et ne croit plus au réel.

Génitif de la terre, il se sait nu et sourd aux apocryphes lois du ciel.

 

Hélas, aucun des six ifs ne vit les si dans les ifs,

Ni le mouvement rotatif que prit leur esquif.

Poussif, face à l’édifice, pour avoir osé l’infinitif,

Sisyphe poussait un rocher, où poussaient six ifs.

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 12:43

Les rails rient dans la plaine.

Avec mépris, ils la saignent.

La paille s’ennuie des musaraignes

Qui ont fuit les champs blêmes.

 

Des routes vont et viennent,

Perdues, en déroute deviennent

Des croutes dont certaines,

Dites autoroutes, s’enchainent.

 

Des liaisons, des veines

Qui se tissent aux camions benne,

Des maillons en chaines,

Milles pistes aux directions hautaines,

 

Les paysages sont anathème.

Et, aux cieux, se propage la gangrène.

Les avions toussent du kérosène :

La floraison a la frousse pour son pollen.

 

Le béton coule sur les chênes.

Les maisons y poussent mitoyennes.

Plus aucune pousse ne traine

Sous le paillasson de l’âme humaine.

 

Allover 2010

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 21:53

Nous n’avions pas d’autres solutions
Que celle d’être nous même
Naviguions dans les brumes de la raison
Susurrant quelques je t’aime

A des quidams sans âmes
A des ombres sans verbe ni conjugaison
Nous étions des étoiles sans flammes
Des espoirs en attente de floraison

Nos voiles arrondissaient des angles
Au souffle des dictateurs de la confession
Nos nageoires plongeaient sous les lames
Des eaux troubles des heures de la soumission

Nous n’avions pas d’espoir
Nous n’avions pas de raison
Nous étions la mémoire
Des odeurs sans le son

Nous rêvions juste pour croire…

Allover 2008

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 02:01

Tu te souviens, tu étais en première page,

Portant du riz et un beau message,

Tes envolées humanitaires, tes cris et  ta rage,

Exhortant tes frères au partage.

 

Tu te souviens, tu dénonçais les outrages

Faits aux enfants d’autres rivages

Dont le destin n’avait point d’arbitrage

Dans un occident sans nuage.

 

Que s’est-il passé depuis ce temps,

Te voilà lassé et impuissant,

Tu as viré du côté de l’argent

Et as oublié les innocents,

 

Pour être…

De ces gens qu’on achète,

Ces gens qui aiment les fêtes,

Champagne et petits fours,

Campagne et second tour,

 

Ces gens que rien n’arrête,

Ni drame ni au secours,

Faisant des emplettes

Pour leurs âmes de sourd.

 

Sinistre et sans espoir, un blason, une image,

Un pion dans l’Histoire, fier de son apanage,

Ministre tenu en laisse, quel triste hommage,

Toi, dont la hardiesse avait ralenti le carnage,

 

Les doigts de tes maitres font ton visage,

Toi qui voulais être, te voici un mirage,

En exégète des raisons du naufrage,

Tu es juste du paraitre en esclavage.

 

Que s’est-il passé depuis ce temps,

Où ta volonté luttait contre l’avilissant,

Quand les avis des dominants

Comptaient moins que les enfants,

 

Peut être,

As-tu voulu être…

De ceux qu’on achète,

Champagne et petits fours,

Ceux qu’on apprête

En bêtes à concours

 

Toujours, prêtent

A milles  pirouettes,

Pour pouvoir un jour,

Dans les gazettes,

Refaire la quête

Pour leurs vieux jours.

 

Ils t’ont acheté comme on achète du jambon,

Ils t’ont emballé dans de grands salons,

Tu t’es envolé dans de beaux jets en mission,

Dégustant canapés et collations,

 

Te voici à la droite de tes anciens idéaux,

Entrain de te battre pour sauver ta peau,

Accroché à un portefeuille et ses avantages,

Le peuple fait le deuil, et toi tu surnages.

 

Que s’est il passé depuis ce temps,

Où tu fustigeais le pouvoir et l’argent,

Mais que t’est-il arrivé entre temps,

As-tu oublié ce qui fait le mouroir des gens,

 

Pour être…

De ceux qu’on achète,

Les sans âmes, les vautours

Qui tournent au dessus de nos têtes

Ou se pâment dans les basse-cours,

 

Toutes ces vedettes

Qui picorent et caquettent,

Soignant leurs discours

De milles courbettes

Pour des petits fours,

Pour des petits fours…

 

Allover 2009

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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 10:07

Nous ne sommes que de passage dans le monde,

Un temps pour offrir amour et joie,

Quand au bout du voyage, en une seconde,

Un jour nous ne sommes plus là

 

Ceux sur lesquels notre vie se fonde

Pleurent et se demandent pourquoi

Mais ils la savent infinie notre ronde

Parce que leur cœur, pour nous, bat

 

Quand tu verses une larme ou esquisse un sourire

Que la lune te charme et frémissent les souvenirs,

Je reviens dans ton âme où je vis et respire

Tu te souviens, me réclame, et je luis pour te chérir

 

Je suis comme les étoiles vagabondes

Mes heures sont éternelles  et vibrent par toi

Et comme pour leurs sidérales ondes

Tes yeux rappellent ma  vie d’autrefois

 

Puisque le passé au présent nous prolonge

J’aurai toujours une place dans tes bras

Le ciel étoilé de l’instant n’est qu’un songe

Juste un reflet pour que l’espace se déploie

 

Par la lumière de ta flamme, je peux revenir

Ma lueur diaphane s’éclaire à tes souvenirs

Quand ton cœur au tamtam fait danser tes soupirs

Je plane sur ces airs que tu ne peux contenir

 

Ta mémoire me refait  et me raconte

Dans le noir, je m’entends par ta voix

Et notre histoire renait en un beau conte

Sur le grimoire du temps qui s’en va.

 

Je ne suis dans ce présent qu’un fantôme

Et mon image est un écho en toi

Je ne revis que quand tes sens frissonnent

Je quitte le repos de l’au delà

 

Tu vois mon amour, je peux revenir

Et ni dieu ni diable ne m’empêchera

D’avoir encore court dans tes désirs

Car je ne suis façonnable que par toi

 

Allover 2009

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 21:25

Sous la lumière blafarde des néons à économie d’énergie,

Un parterre de tables, dans les sons que produit un géni,

Tout au fond de la salle, derrière le brouhaha de la vie,

Deux mains sont en cavale, et un air tournoie à l’infini.

 

La piste de danse est vide aujourd’hui,

La triste assistance placide, par oubli,

S’imbibe l’esprit du soliste en transe,

Scribe dans la nuit, le pianiste balance.

 

Son regard au loin suit le ballet de la brume blanche,

Ces volutes aériennes où résonne son existence,

Les espoirs sibyllins, fruits de son cœur qui s’épanche

Sont en lutte et mènent l’homme à leur cadence.

 

Alors qu’en volutes la fumée dense

Tourne, s’évapore et s’expanse

Un corps utopique fait de résonnances

Ecoule les remords par sa présence

 

Il tourne et il danse,

Le vaporeux spectre de l’absence,

Ses contours et leur laitance,

Nés du feu des cigarettes qui l’encensent.

 

Le brouillard opalin dessine les courbes des anches

D’une muse ancienne surgie de son adolescence.

Ce soir le musicien réanime un amour pervenche

Par d’aériennes mélodies, une douce souffrance.

 

Allover 2009

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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 10:28

Comme l’avait dit La Béotie,

Ils sont grands car nous sommes à genou,

Leur comédie n’est que mépris

Pour l’innocent pris dans leurs remous.

 

Comme l’avait dit Manzoni,

Les peuples n’apprennent que sous les coups,

Ceux dont ils prient le géni,

Les plaignent avant de leur tordre le cou.

 

Comme l’avait dit je ne sais plus qui,

C’est le berger qui fait entrer, pour quelques sous,

Le loup, la nuit, dans la bergerie,

Pour qu’il puisse égorger et se gaver de mou.

 

Comme l’avait dit Léonard De Vinci,

Qui pense trop peu, se trompe beaucoup,

Sans un avis du regard de l’esprit,

La danse des yeux ne vaut pas un clou.

 

Comme l’avait dit Noam Chomsky,

Si la dictature a la violence pour joug,

Le bras de la démocratie

Manipule les croyances par l’art du bagout.

 

Comme l’avait dit, en son temps, mamie

Elle qui n’aimait guère la dentelle et les froufrous,

Il faut se méfier des galants habits,

Qui, très souvent, cachent de bien piètres dessous.

 

Comme l’avais dit Merleau-Ponty,

Celui ne regarde, ne peut rien voir du tout,

Pris dans les ruines de l’esprit

Dont le miroir sans tain ne rend que lignes floues.

 

Comme l’avait dit Paul Valery,

Ce qui, par tous, est cru toujours et partout

Est bien souvent faux aussi,

Et pousse l’humour à faire du sage un fou.

 

Comme je vous le dis, aujourd’hui,

Ne croyez pas ceux qui se jouent de vous,

Si vous êtes pris dans de beaux avis,

Commencez donc par douter de tout.

 

Allover 2008

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 15:04

Le capitalisme est mort,

Et on refuse de l’enterrer,

Le libéralisme fait des morts,

Et on refuse de les compter.

 

Que disais-tu, il y a peu de temps,

Quand tu battais la campagne,

Alors que tu glorifiais l’argent,

Que tu bénissais ceux qui gagnent ?

 

Le libéralisme est mort,

Avec la justice qu’il a piétinée,

Le capitalisme est mort,

Et ses spécialistes sont muets.

 

Que dis-tu maintenant,

Que tes discours s’enflamment,

Tu continues droit devant,

Toujours sourd à nos drames.

 

Le capitalisme est mort,

Les bourses se sont vidées,

Le libéralisme est mort,

Sa source s’est épuisée.

 

Tu ne sais faire que du vent,

Un air de réchauffé,

Devant un parterre d’impuissants,

Qui crient à la fatalité.

 

Le libéralisme est mort,

Il s’est étouffé,

Le capitalisme est mort,

Mais qui va payer ?

 

Face au mur, accélérant,

Pied au planché,

Tes hélas regrettant,

De ne pouvoir t’arrêter.

 

Le capitalisme est mort,

Les ouvriers vont pleurer,

Le libéralisme est mort,

Les banquiers sont désolés.

 

Ton peuple rougissant,

De la honte du berné,

Te trouve consternant,

Et démonte les pavés.

 

Le libéralisme est mort,

Tu continues à l’idolâtrer,

Le capitalisme est mort,

Et toi, tu conspues la vérité.

 

Allover 2008

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 11:33

Six heures, ce matin d’été,

Tu regardes tes enfants, ta chair, ta liberté.

Endormis, dans leur lit douillé,

Il est trop tard pour les voir se réveiller.

 

Six heures, l’heure des huissiers,

De ta fenêtre, tu les vois venir t’expulser.

Toutes ces nuits passées à pleurer,

Ils diront que tu ne voulais pas être aidée.

 

Six heures, ils viennent violer ton domicile

Mais tu n’es pas l’ami du président

Tu n’as qu’un cœur et un caractère docile

Pour te protéger des lois de l’argent

 

Six heures, tu les as embrassés,

Doucement, sans les réveiller.

Tes pleurs, tu les as étouffés,

Pour les laisser encore rêver.

 

Six heures, tu as sauté,

Sous les yeux des policiers,

Tu meurs dans une cité,

Où le malheur est pauvreté.

 

Six heures, on t’a poussé à mourir,

Personne, évidemment, ne sera limogé,

Car seul le trottoir semble rougir,

La honte n’étant due qu’aux gens friqués

 

Six heures, loin de l’île de beauté,

L’égoïsme institutionnalisé fait rage.

Ils diront que tu étais déprimée,

Qu’il ne faut y voir aucun message.

 

Un fait divers, en plein été,

Le cynisme a signé au bas de la page.

Aux airs de l’inhumanité,

Une triste société mène son ouvrage.

 

Allover 2008

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31 août 2008 7 31 /08 /août /2008 00:49

Au seuil d’Hermione

Oreste est las

Accueille l’automne

Funeste droit

 

Dans l’œil du cyclone

Le calme plat

Le cœur ronronne

L’âme se débat

 

L’éveil questionne

Les plis des draps

L’humeur atone

Renie ses choix

 

Le recueil de l’homme

Après le combat

S’effeuille à l’aune

De ces émois

 

Son esprit vide raisonne

De mille pourquoi

Qui débrident en somme

Les vies d’autrefois

 

Les rêves qu’il consomme

Ce temps qui passa

Ce glaive qui l’arraisonne

Dont il est le forçat

 

Il revit des scènes en trombe

Et se replia

Ses nuits s’imprègnent d’ombres

Et il se revoit

 

Voici qu’Athènes bichonne

Le paria,

Les rennes, elle lui donne

Par sa loi.

 

S’il endeuille  son trône

Pour être roi

Il portera la couronne

En prête voix

 

Il baigne ses neurones

Dans ce destin là

Il saigne et marmonne

Mais ne se retient pas.

 

Tant de coups résonnent

Au bout de son bras

Que le sang rouge jalonne

Le cours de ses pas

 

Alors que les loups fredonnent

Un air de vendetta

Il met à genou félon et félonne

Qu’il exécutera

 

Pour qu’Argos claironne

Le revoilà

Mais aux noces personne

Ne tournoiera

 

Dans l’œil du cyclone

Le calme plat

Le soleil rayonne

Et désarme un roi

 

Alors qu’Hermione

N’avait pas le choix

Le sort de l’homme

Tenait à ses doigts

 

La fatalité n’est bonne

Qu’à couper les bras

La royauté ne trône

Jamais ici bas.

 

Allover 2008

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