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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 01:12
Dame pipi, dans le seizième,
Je brique et récure les latrines.
Pour que les dames riches reviennent,
J’astique les murs et m’incline.
 
Au milieu de ces lieux d’aisance,
Mes yeux embuent la faïence
Les carreaux bleus de mon existence,
Fruits de mes révérences.
 
De curieux messieurs viennent et balancent
Des adieux à leur pitance.
Des jeunes, des vieux livrent leur contenance,
Et oublient ma présence.
 
Dans les effluves synthétiques,
Je compte les pièces jaunies
Qui murmurent le tragique
Conte de ma vie.
 
Dans les reflets des vasques brillantes,
Je revois mes rêves d’adolescente.
Sur le sol froid, les espoirs que je plante,
Parfois s’élèvent, et je m’absente.
 
Ces joies brèves et évanescentes
Portent mes bourrasques détergentes
Sur les parois blanches et glissantes
Où j’étale mes crèmes assainissantes.
 
Dame pipi, dans le seizième,
C’est ici que je réfléchi et sublime.
Au milieu des eaux diluviennes,
Les images de mon esprit s’animent.
 
Sur ma cuve d’acide acétique,
Mes ombres s’asseyent et prient.
Sur mon marbre, lunatique,
Je dompte ma vie.
 
Des passants pressés longent mes murs,
Des femmes snobes et des bourgeois.
Des gens bien, portant leurs souillures,
Sur le blanc où rodent mes ébats.
 
Dans leurs beaux habits sur mesure
Et leurs robes de taffetas,
Ils n’ont vraiment pas fière allure,
Quand ils arrivent chez moi.
 
Dame pipi ,dans le seizième,
Perdu dans mes rêves, mon abîme,
Les chasses jouent mon requiem
Et l’eau écoule au loin mes déprimes.
 
Mes visiteurs font une drôle de danse,
Menée au rythme de leur panse
Ils perdent leur contrôle, se dépensent,
Et oublient qu’ils pensent.
 
Assis sur les trônes de la délivrance,
Il n’y a ni pouvoir, ni puissance.
Ravis de contrôler leur pestilence,
Ils négligent mouchoirs et prestance.
 
Ils partent avec un grand sourire,
Soulagés de leur fardeau.
Moi, je continue à entretenir
Et je jète de l’eau.
 
Des millions de souvenirs,
Des visages qu’on voit revivre,
Des libérations à n’en plus finir,
Et je voyage pour les suivre.
 
Ma mémoire les fait renaître,
Le carrelage supporte mes envies.
Mon histoire ouvre des fenêtres,
Des mirages qui transforment ma vie.
 
Mais qui voudrait les connaître,
Ces espoirs qui m’ont menés ici ?
Mais qui de ces reines et maîtres
Garde en mémoire la dame pipi ?
 
Allover 2008
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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 20:34
Poésie et mièvrerie sont ensembles
Dans la folie de la vie
Poésie et mièvrerie s’assemblent
Dans les écrits qui ennuient 
 
Du coton
Du pastel
Des leçons
En rappel
 
Des frissons
Et des ailes
La raison
Qui chancelle
 
Poésie et mièvrerie se contemplent
Les fruits de l’esprit sont pourris
Poésie et mièvrerie ont leur temple
On s’y plie, sans envie, et gémit
 
Du balcon
Le rimmel
Sur les sons
Ruisselle
 
Des lampions
Des chandelles
Floraison
Rituelle
 
Poésie et mièvrerie s’étranglent
Eprises sous le vernis de la pruderie
Poésie et mièvrerie se vantent
Et défient le géni qu’elles renient
 
Des chansons
Ritournelles
De saison
Pour les belles
 
Des vestons
Qu’on pèle
Des jupons
De dentelle
 
Poésie et mièvrerie descendent
Les habits emplis de rêverie
Poésie et mièvrerie plaisantent
La nuit, au pied du lit
 
De la passion
Qui s’amoncelle
Tout au fond
De la poubelle
 
Des pulsions
Pour pucelles
Qui vous font
Demoiselles
 
Poésie et mièvrerie se pâment
Sans un répit, dans de petits soucis
Poésie et mièvrerie s’acclament
Au mépris des roulis de la vie
 
Des escadrons
De tourterelles
Toutes en mission
Pour tes prunelles
 
Des émotions
De flanelle
Et une impression
De rappel
 
Poésie et mièvrerie en flammes
Vaporisent la pluie et les ennuis
Poésie et mièvrerie se calment
Quand fini l’écrit sans bruit.
 
Allover 2008

 

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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 16:42
 
Qui se tait meurt,
Qui ne se voit n’est que voix.
Qui se fait peur,
N’est que lois sans choix.
 
Ecoutes, les rues meurent,
Quand les ombres glissent sous les toits,
Que les statues pleurent,
Que les chants se plombent d’un triste La.
 
Ecoutes, les rumeurs,
Toutes ces voix sans voie
Redoutent la lueur
Qui les étouffera.
 
Le jour se lève
Le soleil ne viendra pas
Les tours de rêve
Ne se réveilleront pas
 
Ecoutes les rumeurs
Qui en nombre se glissent sous tes draps,
Venues de l’extérieur,
Pour, dans ta pénombre grise, faire débat.
 
Ecoutes les rues meurent,
Toutes ces voies sans voix,
Ces avenues sans ardeur,
Où partent les convoies.
 
A court de chimère,
Le sommeil baisse les bras.
Tout autour l’enfer
S’éveille encore une fois.
 
Ecoutes, les rues meurent,
Puisque tout le monde y presse le pas.
Les routes sans clameur,
Tristes, plongent vers Hadès et ses bras.
 
Ecoutes, les rumeurs,
Rappelant les joies d’autrefois.
Les gens n’avaient pas peur,
Donnant un message à leurs voix.
 
Ecoutes les rues meurent,
Puisqu’elles sont ta voie.
Ecoutes les rumeurs,
Puisque c’est ton choix
 
Allover 2008.

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13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 22:05
 
Avale tantine ta soupe, ton amour social
Digère les, tes souffrances en ce jour banal
Valentine loupe toujours ma cour et ses ripailles
Ma civière de romance, mes cadeaux de paille

Avale, toi l’un, tes rêves, leur goût monnayable
Digère tes regrets, tes détours impalpables
Valentin crève d’ennuie avec son unité
Visage sans tain, tes débris sont parcellisés

Avale, tous les engrais qui violent cette terre
Pour que quelques roses servent tes affaires
Avale, à grosses goulées la fiole rituelle
Qui te métamorphose pour ton potentiel

Avale l’entrée, réserve toi pour le dessert.
S’il faut fait une pause, ta verve sait faire
Avale et ventile tes hormones, ta sueur
Tisse les à ta prose, harponne les cœurs

Voici que tu craches dans la soupe froide
Excuses la solitude du sans grade
tu te fâches encore contre les conventions
T’amuses des certitudes de la passion

Libère ta flemme, prends des repères réels
Sa présence de fée inspire l’inhabituel
Digère et aime comme tu sais faire, avec rien
Vos existences nées des rires quotidiens.
 
Allover 2007

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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 21:23
 
Du papier glacé
Et des draps de soie
Pour représenter
L’état et ses lois
 
Les valeurs se monnayent
Dans les petites lignes du contrat
Dans la pâleur, un conseil
Consigne la vie et ses droits
 
La propriété
Erigée en foi
Les héritiers
Font débat
 
Il nous faut des êtres serviles
Il nous faut des bras
Puisque la faux vacille
Coupons les doigts
 
Du champagne
Et du foi gras
La campagne
Cherche ses voix
 
Il nous faut des leurres
Pour que le poisson s’y croit
Il nous faut des fleurs
En cette saison d’effroi
 
Papier glacé
Et draps de soie
Pour briller
De milles éclats
 
Que le peuple ait du strass
Puisqu’il a fait ce choix
Et s’il meugle et se lasse
Ayons l’air courtois
 
Pour que la liberté
Nivelle par le bas
Offrons le thé
Chérie, montre tes bas
 
Qu’il s’abreuve de rêves
Et surtout qu’il y croit
Comme si les idées neuves
Avaient plus de poids
 
Du papier glacé
Et un cœur froid
La réalité emballée
Et toi qui te débats.
 

Allover 2008

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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 10:01
Terminus, tout le monde descend.
Madame, posez votre verre,
Monsieur, remettez votre chapeau,
Nous arrivons dans la gare de vos songes,
Ne prenez aucun bagage,
Si ce n’est un peu de poudre d’étoile
Pour vous éclairer.
 
Terminus, tout le monde descend.
Les âmes, déposez vos civières,
Sous les cieux, allongez donc vos peaux,
La saison est aux regards qui prolongent,
Aux vérités sans âges,
Voyez, de vos yeux, se découdre le voile
De la voûte éthérée.
 
Terminus, tout le monde descend.
La rame fatiguée vous libère,
En ce lieu, retirez vos bandeaux,
Que vos illusions, vos espoirs se mélangent,
Délivrés de vos ancrages,
Rejetez ces dieux à la volonté fatale
Et aux doutes intéressés.
 
Terminus, tous le monde descend.
Belle dame aux souliers de vair,
Monsieur qui portez le drapeau,
Votre partition a pour auditoire les anges,
Huilez les aiguillages,
Ajustez vos adieux, entonnez le récital
Sur la route de vos pensées.
 
Terminus, tout le monde descend.
Que se pâment, sous la lumière,
Vos vœux secrets et leurs échos,
Que les frissons du départ et leur fronde
Soient effacés de vos visages,
Démasquez vos radieuses envolées astrales
Qui dans la soute dormaient.
 
Terminus, tous le monde descend.
Madame, soufflez donc vos airs,
Monsieur, libérez ce cœur gros,
Qu’en chanson, vos histoires vagabondent,
En l’assemblée de l’aréopage
Qui attendait vos précieuses âmes royales
Pour vos rêves écouter.
 
Terminus, tout le monde descend.
Vous allez pouvoir retrouver vos pairs,
Enfin, pouvoir partager la même peau,
Retrouver l’unité et n’être qu’une onde,
Voyez, à vos pieds, les nuages
Tourner et danser dans le carnaval
Qui vous avait dispersés.
 

Allover 2008

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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 08:34
 
Le peuple s’était prononcé,
Avait dit non à la loi des loup.
Mais cette réponse gênait
Ceux qui voulaient le saisir au cou.
 
Les représentants vendus
Ont trahis la belle construction,
Piétinant ce qui les ont élus,
Ont mis en charpie la constitution.
 
A terre, tremblante et nue,
A genou, la fille de la révolution
Qui fût confiante en leur vertu,
Sous leurs coups n’est que contusions.
 
Roulée dans la boue
Par les mensonges et la trahison,
Violée par des fous
Qui la plongent dans la confusion,
 
La nation n’existe plus,
Ne crois plus dans les élections.
Les frissons de l’ingénue,
Ses larmes referont la révolution.
 
Peuple lève toi,
Pour démocratiser ta constitution,
Réaffirmer tes choix
Et confirmer que c’est non.
 
Que tous ces traîtres qui font des lois,
Piétinant tes décisions,
Qui reviendront te voir encore une fois,
Chantant leur chanson,
 
Finissent sur la croix.
Craches sur leur blason
Puisque tu ne crois pas
En leur manipulation.
 
La majorité n’a plus de pouvoir,
Quoiqu’ils en disent.
Ils l’ont violé et laisser choir,
Victime de leur traîtrise.
 
Aux armes citoyens
Pour tes enfants, pour le pays,
Le charme des tribuns
A les vils relents de la félonie.
 
Demain dans les urnes,
Rappelle-leurs leur mépris,
De tes mains rallume
Le feu de la démocratie.
 

Allover 2008

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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 19:13
Tout au fond de la classe,
Derrière ce petit muret,
Où seules les voix passent,
Avec leurs gentils « r » déroulés.
 
Ils t’appelaient l’indien
A cause de tes cheveux longs.
Toi qui venait de loin,
Pour t’abreuver de leur leçons.
 
Attiré par ces phonèmes
Aux mystérieuses vibrations,
Tu voulais faire tes thèmes
De ces langagières inflexions
 
Tu les fredonnais en chanson
Dans ton esprit intimidé.
Tu mémorisais tous ces sons
Que la vie avait effacés.
 
Au fond de ton âme,
Dans ton cœur d’étranger,
Il y avait cette flamme
Pour cette langue qu’ils parlaient.
 
Mais tu ne disais rien
Te contentais de tes frissons.
Au fond de toi, savais bien
Qu’ils baigneraient ta raison.
 
Ce n’étaient pas un problème
Qu’ils t’aient donné pour prénom
Celui de ton père qui peine
Pour la compréhension
 
Mais peu importe la sensation
D’ être sans identité
Ou encore même la frustration
De se sentir oublier
 
Tout au fond de la classe,
Derrière ce petit muret
Tous ces sons et leur traces
Qui initièrent ta volonté
 
Réactivèrent les connexions
Qui furent jadis préprogrammées
Le mystère de l’évolution
Avait tous les dialectes pensé
 
Cette langue maîtrisée
T’a donné à cette nation,
Quelle étrange réalité
Que celle de l’adaptation.
 
Les envolées de l’élocution
Qui font aujourd’hui danser
Les mots nés de ta volition
Firent ton esprit poétisé
 
De l’autre coté du muret
Tu aides et rassures leur génération
Toi l’autre qui t’es mué
En même pour un futur d’inspiration
 
Les quêtes d’orientation
Tu sais les consolider
Les recettes des saisons
Tu sais les verbaliser
 
Savent-ils qu’une dame inspirée
D’une généreuse prémonition
Te mettant derrière ce muret
Fît ta vie, ta réalisation
 
Cette déesse par ces choix a dessiné
Ta vie et sa révolution
Cette maîtresse que tu ne peux oublier
Fit de ces voix ta fondation
 
Allover 2008
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3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 21:04

Petit coquillage, au fond du lac Leman,

Loin du rivage, multiplie les bâillements.
Aucun sillage ne trouble tes instants,
Tu es bien sage et survis humblement.
 
Un adolescent, aux questions fondamentales,
A posé sa serviette sur le sable,
Cherchant réponse à la puissance cérébrale,
A prolongé sa quête par cette fable.
 
Petit coquillage, déposé libre et sans lien,
Contemple la danse langoureuse des algues.
Sans ancrage, tu te plais à vivre en buccin,
Trembles et avances par tes nageuses valves.
 
L’enfant expérimentateur te déplaça
Loin de ton havre de paix, dans les eaux vives
D’un torrent impétueux où il t’encercla
D’un grillage pour t’éviter la dérive.
 
Petit coquillage, tu connus le tournis
Dans ta cage, ballotté en fétu de paille.
Pris dans les flots et leur rage, tu fus surpris.
Dans les virages enchaînés, tu es détail.
 
Le jeune curieux observa ton comportement
Et il nota très précisément, jour après jour,
En ce lieu, le moindre de tes déplacements,
Jusqu’à ce que tes errements prirent court.
 
Petit coquillage fit les fils de la survie.
L’adhérence à un roc calma l’agitation.
Ton tissage confirma cette théorie :
L’intelligence n’est autre qu’adaptation.
 

Allover 2008

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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 07:33
 
Fric-frac dans l’éthique
Manipulations génétiques
Prozac télégénique
Dépression symptomatique
 
Zigzag politique
Pour l’érection économique
Airbag étatique
Communication magique
 
Je vends et j’achète
Mon temps et ma tête
Je rends après la fête
Le sang de la planète
 
Fric-Frac démocratique
Constatation démagogique
Le cosaque communique
Pour la nation fantomatique
 
Zigzag des termes iniques
Insinuation aux airs sympathiques
La vague est caustique
Et la raison pleure l’arsenic
 
Je pends dans l’arène
Les gens et leur graines
Je tends l’anathème
Aux enfants qui s’aiment
 
Fric-frac philosophique
D’une saison argentique
Aux ressacs impudiques
Des émotions génériques
 
Zigzag anesthésique
Dans l’érosion poétique
Dague syntagmatique
Dans la leçon scolastique
 
Je sens que s’arrête
Le présent sans queue ni tête
Pourtant je jette
Un œil lorgnant notre défaite.
 
Fric frac cynique
Débâcle fatidique
Zigzag en réplique
Oflag dans la république.
 
Zigzag sadique
Drague monarchique
Fric-frac symbolique
L’oracle a ses tics.
 
Je reprends ma peine
Retends mes je t’aime
Je ressens que saignent
Les indigents qui peinent.

Allover 2007
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